Méditations pour l'Avent

December 1, 2018

 

En préparant le temps de l'Avent, les acteurs liturgiques de notre ensemble paroissial ont dégagé quatre thématiques qui nous permettent d'avancer vers la préparation de la fête de Noël : 

1er dimanche de l’Avent : On verra le Fils de l'Homme

2e dimanche de l’Avent : Préparez le chemin du Seigneur

3e dimanche de l’Avent : Que devons nous faire ?

4e dimanche de l’Avent : Heureuse celle qui a cru...

 

Retrouvez chaque samedi une méditation sur ce thème, soit en éditorial de la feuille de chant soit ci dessous : 

 

 

4e dimanche : Heureuse celle qui a cru…

 

Voici la quatrième et dernière méditation du temps de l’avent. Elle nous fait nous tourner vers Marie. En effet, le mois de décembre est le mois « marial » par excellence, car cette période de l’Avent nous donne à contempler le mystère de Dieu qui se révèle à travers la fidélité et la disponibilité de Marie à l’œuvre de la rédemption. Saint Luc, que nous lisons cette année, est le plus précis sur l’enfance de Jésus. Bien sur il s’agit d’une reconstitution puisque Saint Luc n’a pas le témoin direct des évènements de l’annonciation, de la visitation, de la naissance de Jésus et de sa présentation au Temple.

Cette semaine, j’aimerai laisser parler Saint Ambroise de Milan qui introduisit Saint Augustin dans la foi et commente ainsi l’évangile de ce jour (Luc 1,39-45) :

 

Lorsque l'ange annonce à Marie le mystère de sa maternité virginale, il lui apprend, pour éclairer sa foi par un exemple, qu'une femme âgée et stérile a conçu, ce qui fait comprendre que Dieu peut accomplir tout ce qu'il a décidé.
Dès que Marie l'eut appris, elle partit vers la montagne de Judée. Ce n'était de sa part ni incrédulité en la prophétie, ni incertitude sur cette annonce, ni doute sur l'exemple proposé. Elle partait dans l'allégresse de son désir, pour l'accomplissement d'un service, avec l'empressement de sa joie.
Elle qui était maintenant remplie de Dieu, où pouvait-elle se rendre avec empressement, sinon vers les hauteurs ? La grâce du Saint-Esprit ne connaît pas les hésitations ni les retards. L'arrivée de Marie et la présence du Seigneur manifestent aussitôt leurs bienfaits, car, au moment même où Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle, et elle fut remplie de l'Esprit Saint…
Heureuse
, lui dit Élisabeth, toi qui as cru. Heureux, vous aussi qui avez entendu et qui avez cru ; car toute âme qui croit conçoit et engendre le Verbe et le reconnaît à ses œuvres. Que l'âme de Marie soit en chacun de vous, pour qu'elle exalte le Seigneur ; que l'esprit de Marie soit en chacun de vous, pour qu'il exulte en Dieu. S'il n'y a, selon la chair, qu'une seule mère du Christ, tous engendrent le Christ selon la foi. Car toute âme reçoit le Verbe de Dieu, pourvu qu'elle soit irréprochable et préservée des vices en gardant la chasteté dans une pureté intégrale.
Toute âme qui peut vivre ainsi exalte le Seigneur, comme l'âme de Marie a exalté le Seigneur, et comme son esprit a exulté en Dieu son Sauveur.

 

Avec la fête de Noël s’accomplit la grande promesse de Dieu pour son peuple, la venue du Messie. Celle-ci est non seulement historique, mais aussi actuelle dans l’Eucharistie, dont la célébration fait grandir le Corps tout entier de l’Eglise comme signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain (Concile Vat. II Lumen Gentium 1), appelée à se laisser conduire par le Christ comme la Vierge Marie à la fois figure de la juste obéissance et  celle qui offre le Seigneur au monde jusqu’à sa consommation définitive dans l’éternité.

 

 

 

3e Dimanche : Que devons-nous faire ?

 

C’est la troisième phrase retenue pour cet avant-dernier dimanche de l’Avent, celui de la joie, ainsi qu’en témoignent les lecture de ce dimanche. Ce même enthousiasme se retrouve dans l’Evangile où nous est donné à méditer les réactions à l’annonce de la venue du Messie. C’est une immense joie, alors, que devons-nous faire ? Manifestement, avec le baptême de conversion reçu comme un signe de préparation, une action concrète s’impose ! Qu’il s’agisse des foules, des publicains ou des soldats, ce qui est en jeu c’est l’équité, la justice, le partage, la paix. Manifestement ce n’est donc pas nouveau et à cet endroit l’évangile est d’une étonnante actualité. Cela veut dire que sur ces sujets, il y a comme un combat perpétuel, rien ne serait jamais acquis.

En tout cas, l’attente et l’accueil du Messie dans la foi s’accompagnent d’actes concrets à faire. Ce ne sont pas seulement des questions d’idées, mais une forme d’engagement comme réponse à l’initiative de Dieu de visiter son peuple. Un des éléments typiques, parmi d’autres, de l’histoire du peuple d’Israël est sans doute celui du passage de la mer Rouge. A cause de la merveille de Dieu a réalisé, en sauvant les hébreux des égyptiens qui les poursuivaient, le peuple manifeste immédiatement sa joie à travers ce cri de louange : « Chantons le Seigneur car il a fait éclaté sa gloire » (Ex 15,1). Voilà qui est finalement très proche du « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » du soir de Noël chantée par les anges. Chez les hébreux cet enthousiasme fut aussi de courte durée. Arrivés au désert, ils ne tardent pas à récriminer contre Dieu, à cause de la soif et de la faim. Mais grâce au rappel d’alliance (Ex19) confirmé par les paroles de vie ou commandement de Dieu (Ex 20-24), le peuple tout entier répondit, unanime : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique. » Ex19,8 et Ex 24,3.

Ainsi la Parole de Dieu adressé dans la désert, nous rappelle sans cesse l’alliance désirée par Dieu pour que nous soyons libre, heureux, et tout entier tourné vers le mystère de la venue du Fils en notre monde pour restaurer de manière plus merveilleuse ce qui a pu être abimé dans la belle œuvre de Dieu. L’appel à la justice et à la paix, la vérité et la charité vise les relations humaines et donc la relation à Dieu. De même que Jean proclamait un baptême de conversion pour l’accueil du Messie, de même, notre attente de Noël appelle la préparation intérieure, notamment, dans le sacrement du pardon, pour que nos relations humaines n’en soient que plus ajustées. Certes pour tous c’est un moment difficile, mais tellement joyeux, de recevoir le Seigneur qui visite son peuple et le cœur de chacun. Alors, allons-y avec confiance.

 

2e Dimanche : préparez les chemins du Seigneur

 

Pour cette deuxième étape de notre préparation vers Noël, les acteurs liturgiques de notre ensemble paroissial ont choisi cette phrase : « Préparez les chemins du Seigneur »…

En préparant cette médiation tout au long de la semaine, je n’ai cessé de penser à cette très belle intention de prière collectée sur l’un des cahiers d’intention de prière de nos églises : Seigneur, aide-moi à retrouver une entière confiance en toi et à me défaire de tous les autres liens. Il m’a semblé que cette demande adressée à Dieu, en deux temps, à la fois confiance plus grande en Lui et libération de tout ce qui m’écarte de Lui, convenait très bien pour entrer dans cette préparation de l’Avent vers la fête de Noël.

 

Préparer les chemins du Seigneur pourrait donc déjà consister à choisir entre les deux voies tel quel nous y invites l’auteur du livre du Deutéronome : « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. » (Dt 30,16)

Dans cette perspective, préparer ce chemin voudrait dire l’emprunter dans un esprit de discernement, celui du bien à choisir et accomplir et du mal discerner pour s’en écarter.

 

Ensuite je me suis demandé mais où va la Seigneur ? Quel chemin emprunte-t’il ? Et depuis que je suis à la Croix Rousse, sous le patronage de Saint Augustin, me revient sans cesse cette affirmation comme un cri de louange : « Mais Toi, Tu étais plus intime que l’intime de moi-même, et plus élevé que les cimes de moi-même » (Confessions III,6,11). Pour être concret, il me semble qu’il y a, entre autres, deux aspects. Le premier consiste à cultiver une authentique intériorité. Car le Seigneur ne se rencontre pas dans le bruit, mais dans le murmure d’une brise légère (cf. 1Rois 19,13). Pendant ce temps de l’Avent, plus que d’inviter chacun à trouver le silence intérieure de l’intimité avec le Seigneur, j’aimerai que nous prenions soin les uns les autres et que nous nous aidions mutuellement à ce dialogue intime avec le Seigneur dans le secret de nos cœurs, où Jésus, présent, nous parle et où nous lui répondons dans un élan d’amour.

Ensuite, peut-être que préparez les chemins du Seigneur ne consiste finalement pas tellement à changer notre quotidien, mais à l’y chercher avec plus de ferveur en goutant la qualité du présent de chaque instant de notre vie. C’est là qu’Il vient à notre rencontre. Peut-être d’ailleurs est-ce une manière de faire nôtre l’oraison de ce dimanche : Seigneur tout-puissant et miséricordieux, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ; mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l'accueillir et nous fait entrer dans sa propre vie.

 

 

 

 

1er dimanche : On verra le Fils de l’Homme venir…

 

Cette expression est commune tant à la fin de l’année liturgique qu’au début du temps de l’Avent. A une différence de découpage près, c’est d’ailleurs le même évangile que l’on lit le jeudi de la 34ème semaine du temps ordinaire, la toute fin de l’année liturgique et le 1er dimanche de l’Avent, au début d’une nouvelle année.

 

Qu’est-ce que cela peut signifier ?

Le cœur de la 1ère préface du temps de l’Avent nous éclaire en rapprochant les deux venues du Seigneur, celle de sa naissance un jour de l’Histoire et celle des temps nouveaux ou du « jugement dernier » :

… il est déjà venu, en prenant la condition des hommes, pour accomplir l'éternel dessein de ton amour et nous ouvrir le chemin du salut ; il viendra de nouveau, revêtu de sa gloire, afin que nous possédions dans la pleine lumière les biens que tu nous as promis et que nous attendons en veillant dans la foi…

Au fond tout ceci nous rappelle que le Seigneur vient sans cesse à notre rencontre. Car entre ces deux venues clairement identifiée, le Seigneur ne cesse d’être présent à son Eglise, ainsi qu’il l’a promis : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » Mt 28,20. Il est présent, certes, sous des modalités diverses que le Concile nous a rappelé dans sa Constitution sur la Liturgie.

Le Christ est toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice de la messe, et dans la personne du ministre, « le même offrant maintenant par le ministère des prêtres, qui s’offrit alors lui-même sur la croix » et, au plus haut degré, sous les espèces eucharistiques. Il est présent, par sa puissance, dans les sacrements au point que lorsque quelqu’un baptise, c’est le Christ lui-même qui baptise. Il est là présent dans sa parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures. Enfin il est là présent lorsque l’Église prie et chante les psaumes, lui qui a promis : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » Constitution sur la Liturgie num. 7

 

En fait, le temps de l’Avent que nous célébrons, et en ce qu’il nous prépare à Noël, nous rappelle que s’Il est venu visiter son peuple, le Seigneur ne cesse de venir à notre rencontre.

 

Puissance et grande gloire ?

Le deuxième aspect qui peut alimenter notre prière au cours de cette 1ère semaine de l’Avent, c’est le paradoxe entre la venue glorieuse et quasi fantastique du Christ  que l’on verrait bien dans les grandioses déploiements dont le cinéma est capable, et celle tout humble et discrète de la crèche.

« On verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. » (Luc 21,27) , tiré de l’évangile de ce dimanche...

« Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune » Luc 2,7 tiré de l’évangile de la nuit de Noël…

 

Ici, la liturgie nous indique comment tout au long de son histoire, l’Eglise a intégré ce paradoxe. L’Oraison du 26ème dimanche du temps ordinaire nous éclaire :

Dieu, qui donnes la preuve suprême de ta puissance lorsque tu patientes et prends pitié, sans te lasser, accorde nous ta grâce : en nous hâtant vers les biens que tu promets, nous parviendrons au bonheur du ciel.

De cette prière nous retenons deux choses. La première est un magnifique éclairage sur la puissance de Dieu et son expression concrète pour chacun de nous. Elle sonne comme une invitation à nous mettre à l’école de la miséricorde de Dieu, comme manifestation concrète de son amour pour nous. Bien sur l’examen de conscience est chose pénible. Il y a sans doute peu d’exception. Mais en le commençant par une belle action de grâce il est plus léger. Car le premier effet de la miséricorde de Dieu est la grâce, la joie et la paix qu’Il met dans nos vies. Le Cardinal Martini, s’adressant aux jeunes de Milan le dimanche soir dans sa cathédrale, leur suggérait de toujours commencer la célébration du sacrement du pardon ou un examen de conscience par une action de grâce. C’est non seulement une confession de foi, mais aussi une manière de se situer, autant que possible à la hauteur de Dieu et on seulement de moi-même, au moment de recevoir son pardon et sa miséricorde.

La deuxième dimension que suggère cette oraison est la dynamique proposée : nous hâter vers les biens promis et parvenir au bonheur du ciel. Y a t’il plus belle perspective ? Il ne s’agit pas seulement du terme de notre vie terrestre, mais d’une perspective quotidienne puisque le Seigneur est sans cesse présent à son Eglise dont nous sommes les membres. Notre prière de chaque jour peut utilement chercher les traces de la présence de Dieu dans notre vie, et dont la paix et la joie sont les signes.

Le temps de l’Avent nous suggère donc d’être attentifs à la venue du Seigneur sous de multiples formes, Bonne nouvelle de l’Ecriture, liturgie et prière, communion fraternelle et service des frères. Ce sont les quatre grands axes de notre projet pastoral que je confie à la prière et au discernement de chacun.

 

Bon temps de l’Avent !

 

P. Laurent Jullien de Pommerol

 

 

 

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