Editorial hebdomadaire

Editorial du 24 mars 2019 - 3e dim de carême

 

Corinthiens 12-10 "C'est dans ma faiblesse, que je suis fort". 

Je pense que quand Paul a écrit ça, il a été transpercé par la présence du Saint Esprit qui lui a montré l'assurance de l'amour et de la bonté de Dieu sur sa vie. 

Cette expérience spirituelle qu'a vécu Paul, c'est ce que nous sommes tous appelés à vivre chacun personnellement. C'est dans les moments où l'on se sent les plus petits, fragiles, et impuissants que le Seigneur désire manifester son amour au plus profond de notre cœur ! 

Cette assurance de l'amour de Dieu dans nos cœurs procure une joie indescriptible. Notre seule mission avec le Seigneur ce n'est pas de "faire sans cesse", mais simplement savoir se poser devant lui et avouer "oui Seigneur j'ai besoin de toi, et sans toi je ne peux rien" et c'est à cet instant précis que la miséricorde de Dieu se déverse en nous !

« Tu es la source de toute bonté, Seigneur, et toute miséricorde vient de toi »
J’aime cette phrase « tu es la source de toute bonté ». Je vous propose un petit exercice spirituel pratique. Vous êtes au calme ? Vous êtes disponible pour passer un petit temps avec le Seigneur ? Alors je vous propose de simplement faire l’expérience de répéter cette phrase en prière « Seigneur tu es la source de toute bonté ». Oui Seigneur tu es bon, et même si en ce moment c’est le brouillard, même si en ce moment c’est la tempête, même si en ce moment je suis dans un flou : toi tu es Bon, et ton amour demeure !

Alors chers amis, pour conclure ce petit édito je vous propose deux choses :
La première c’est que pendant ce temps de carême je vous lance un challenge : non pas "accomplir quelque chose" ou "faire quelque chose en plus" mais bien au contraire ne rien faire pour laisser toute la place à Dieu, l'écouter pour qu'il nous parle au plus profond, et ouvrir grand nos cœurs à son amour et à sa présence pour qu'il nous guérisse, nous console et nous relève : Dieu est BON! 
La deuxième chose c’est d’inscrire cette phrase en énorme dans nos cœurs à chacun : « l’impossible est la cible pour Dieu ». Si pendant ce carême, vous traversez une crise personnelle, une épreuve qui vous parait insurmontable, un brouillard affectif c’est LE moment de dire à Dieu « Si l’impossible est ta cible, Seigneur viens ! J’ai besoin de toi ».
Chers amis, c’est précisément quand nous ne pouvons plus rien, que Dieu agit, nous bénit et nous relève !
Alors puisque notre bonheur est en Dieu, accueillons le dans nos foyers, notre travail, dans nos relations, dans nos pensées, nos émotions, dans nos échecs, dans nos angoisses : bref dans toute notre vie ! Dieu veut faire quelque chose pour chacun d’entre nous, la question est : acceptes-tu Dieu entièrement dans ta vie ?
#DieuEstBon

Alice Drisch, LEME chargée de l’aumônerie des collèges

Editorial du 17 mars - 2e dim de carême

Chaque année, lors du deuxième dimanche de carême, nous entendons le récit de la Transfiguration (cette année dans l’évangile selon saint Luc).

La prière d’ouverture de la messe fait clairement allusion à cette scène de l’évangile :

Tu nous as dit, Seigneur, d’écouter ton Fils bien-aimé ; fais-nous trouver dans ta parole les vivres dont notre foi a besoin et nous aurons le regard assez pur pour discerner ta gloire.

 

Dans sa première partie, l’oraison fait écho à la voix entendue dans la nuée (« Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! », Lc 9,35). Dans sa deuxième partie, elle fait allusion à la vision de Jésus transfiguré par les apôtres (« Ils virent la gloire de Jésus », Lc 9,32).

 

L’oraison nous fait ainsi entrer avec les apôtres dans le mystère de la Transfiguration. Elle demande à Dieu d’alimenter notre foi afin d’avoir un « regard assez pur pour discerner sa gloire ». Le privilège de Pierre, Jean et Jacques est offert à tout chrétien dont le regard est suffisamment pur pour voir Dieu. Voir Dieu, c’est entrer dans l’intimité même de la sainte Trinité et se laisser transformer, "diviniser", par Dieu (« Nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. », 1 Jn 3,2).

 

Avant les trois apôtres de la Transfiguration, Moïse et Elie ont déjà reçu cette faveur : Moïse, caché dans le creux du rocher, a vu Dieu « de dos » (Ex 33,8 et 34,5) ; Elie, sortant de sa caverne dans la montagne, reconnaît Dieu dans « le murmure d’une brise légère » (1 R 19,12-13).

Moïse et Elie, dont les yeux sont assez purs pour voir Dieu, sont également transformés par leur vision. Ils sont eux-mêmes "transfigurés" : le visage de Moïse « rayonnait » (Ex 34,29-30), tandis qu’Elie est emporté au ciel sur un « char de feu » (2 R 2,11).

Tous les deux se sont préparés à voir Dieu par un jeûne de 40 jours (Ex 34,28 et 1 R 19,8). Ce temps de jeûne permet de recevoir la nourriture fondamentale, les vrais "vivres" dont nous avons besoin pour la vie éternelle, non pas le pain qui passe, mais « toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4).

 

A la suite de Moïse et d’Elie, à la suite de Pierre, Jean et Jacques, nous sommes appelés à la vision de Dieu à partir de l’écoute de sa parole. Pendant ce temps de carême, consacrons-nous résolument à écouter la Parole de Dieu qui nous est donnée dans l’évangile. Prenons le temps de lire, méditer, ruminer les textes bibliques de chaque dimanche.

Nous pourrons alors vérifier le portrait du chrétien brossé par saint Paul aux Corinthiens : « Nous tous nous reflétons la gloire du Seigneur, et nous sommes transformés en son image avec une gloire de plus en plus grande, par l’action du Seigneur qui est Esprit » (2 Co 3,18).

P. Jean de Lanzac

Message introductif aux messes des 9 et 10 mars

Pour éviter toute ambiguïté, je me permets publier le contenu de mon intervention en introduction des messes des 9 et 10 mars, le 1er dimanche de carême, en le complétant légèrement :

L’actualité de cette semaine a été particulièrement dense.  Il y a eu d’abord, la diffusion sur ARTE, d’un reportage terrifiant sur les abus dont sont victimes d’innombrables religieuses, mettant en cause entre autres, le Père Marie-Dominique Philippe et son frère. Puis il y eut la condamnation du cardinal Barbarin à 6 mois de prison avec sursis pour non dénonciation et enfin l’annonce de son intention de rencontrer le Saint Père et lui remettre sa charge d’archevêque de Lyon.

A chaud, je ne souhaite pas commenter d’avantage cette actualité pénible tant elle révèle les manquements graves dont l’Eglise et plus précisément certains de ses membres se sont rendus gravement coupables.

La première raison c’est que personnellement, mes années d’étudiants et de jeunes séminaristes ont été marquées par le P. Marie Dominique Philippe et le Père Bernard Preynat. Tous les deux ont particulièrement compté dans l’approfondissement de ma vie chrétienne et la maturation personnelle de ma vocation de prêtre. Je sais ce que je leur dois, et cela ne changera pas, mais rend plus difficile encore d’entendre les agissements dont ils se sont rendus gravement coupables. Enfin, et sans commenter ni la décision de justice ni le choix qu’il a fait de renoncer à sa mission, il m’est naturellement difficile de voir partir l’évêque qui m’a appelé à la prêtrise et ordonné pour la mission.

La deuxième raison qui me pousse à ne pas vouloir prolonger trop en commentaires, c’est que nous avons besoin d’un petit peu de temps pour prendre du recul et que je ne veux pas être le seul à parler. C’est pourquoi, je vous propose deux occasions très différentes de pouvoir sereinement aborder ensemble ces questions :

  • Le mercredi 20 mars prochain à 20h30 à la maison Saint Denis aura lieu le prochain conseil pastoral paroissial. Ces questions y seront abordées pour que chacun puisse s’exprimer.

  • Le Mercredi 3 avril à 20h30au cinéma Saint Denis,  nous diffuserons le film « Grâce à Dieu » introduit et suivi d’un débat animé avec Laetitia de Traversay, journaliste à RCF

 

Tout cela nous l’offrons dans une prière confiante, et tout spécialement notre grande famille diocésaine pour laquelle nous demandons au Seigneur la grâce de la paix et de l’unité, pour ne pas ajouter au scandale des abus celui de la division.

À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. Jn 13,35

P. Laurent JULLIEN de POMMEROL

Editorial du 10 mars par le P. Jullien

Tout au long du carême, nous vous proposons chaque semaine une méditation à partir de l’oraison de chaque dimanche. Ces méditations seront partagé entre divers acteurs pastoraux de notre ensemble paroissial.

Oraison du 1er dimanche de carême

Accorde-nous, Dieu tout-puissant, tout au long de ce carême, de progresser dans la connaissance de Jésus-Christ et de nous ouvrir à sa lumière par une vie de plus en plus fidèle.

Au début de ce carême, en marge du jeûne du partage et de la prière, la liturgie nous fait demander à Dieu de progresser dans la connaissance de Jésus-Christ. De fait, si le carême est un itinéraire de préparation à la fête de Pâques, c’est à partir de la passion et la résurrection du Seigneur que la vraie connaissance de Jésus est possible. Chacun des quatre Evangiles a été rédigé après la résurrection de Jésus et même après l’ascension et la Pentecôte qui en complètent le sens, comme un témoignage de foi auprès des communautés à qui ils sont destinés. C’est donc à partir de l’Ecriture que la personne de Jésus peut être connue. C’est peut-être un point d’attention pour nous, d’être vigilant, à ce que notre lecture de la Parole de Dieu commence par s’interroger sur ce que le texte dit pour lui-même et ce qu’il dévoile du mystère du Christ. Ensuite il sera plus aisé et plus juste d’en tirer une manière d’agir. Littéralement l’oraison dit d’ailleurs dans le latin d’origine : « Progresser dans l’intelligence du mystère du Christ et poursuivre la réalisation par une vie qui s’y conforme ». Mais comment se conformer à ce que nous ne connaissons que trop peu ? Il faut sans doute beaucoup de prudence pour évaluer une conduite : s’il est possible et pertinent de le faire pour des actes concrets, ce n’est jamais possible pour des personnes, cela appartient à Dieu seul.

En l’occurrence ce dimanche, le « dialogue » entre Jésus et le tentateur met à jour le passage de la Loi à la rencontre de la personne de Jésus et ce dans un processus pédagogique de libération. L’un et l’autre citent la Parole de Dieu, mais le tentateur, pour parvenir à ses fins en manipulant l’Ecriture, tandis que Jésus cite l’Ancien Testament pour ouvrir à une confession de foi lorsque nous le rencontrons. Parce que Dieu veut être choisi, le carême est donc un itinéraire de liberté et de libération.

P. Laurent Jullien de Pommerol

Editorial du 3 mars par le P. Jullien

« En toute circonstance, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ; nous sommes pourchassés, mais no

n pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. » 2 Co 4,8-10

Ces trois versets de Saint Paul dans la deuxième lettre qu’il écrit aux chrétiens de la Ville de Corinthe me semblent une fois de plus illustrer une actualité qui n’en finit pas d’être désastreuse pour l’image de l’Eglise qu’elle renvoie, quand le scandale de la pédocriminalité semble maintenant toucher un cardinal de la curie romaine, archevêque émérite  d’une des plus grandes ville du monde. Le mal est là, le péché des hommes d’Eglise est profond et rien ne nous est épargné. Je me sens infiniment solidaire de la souffrance des victimes, en méditant Saint Paul dans la 1ère lettre aux Corinthiens : « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie. » 1Co 12,26

Il ne s’agit pas une fois de plus de se lamenter, mais je voudrais retenir deux points :

1/ Le fléau de la pédocriminalité fait surface partout. Si l’Eglise fait l’objet d’une médiatisation considérable, j’entends en bien des endroits que, ce qui ne s’était jamais fait jusqu’alors, pour protéger les victimes et dénoncer les coupables présumés, se met en place partout, par crainte non seulement d’une médiatisation qui ne viendra sans doute pas, mais surtout de la mise en cause de responsables qui s’imaginaient intouchables. Dont acte … Je suis fier que le discrédit jeté sur l’Eglise puisse être utile à toutes les victimes quel que soit le lieu !

2/ Mais il faut aussi noter une autre chose. Pour la première fois fin janvier, j’ai entendu le cardinal Barbarin dire aux prêtres du diocèse, combien il mesurait que ces derniers portaient le poids de l’ignominie au quotidien. C’est vrai. Le Pape François, lui aussi dans son discours du sommet sur la protection des mineurs (Rome 21-24 fév 2019) a conclu son propos en remerciant tous « les prêtres et toutes les personnes consacrées qui servent le Seigneur fidèlement et totalement et qui se sentent déshonorés et discrédités par les comportements honteux de quelques de leurs confrères… Je remercie, au nom de toute l’Église, la très grande majorité des prêtres qui non seulement sont fidèles à leur célibat mais se dépensent dans un ministère rendu aujourd’hui encore plus difficile par les scandales provoqués par un petit nombre (mais toujours trop nombreux) de leurs confrères. ». Cette gratitude ne vaut pas que pour les prêtres, loin de là. Et François de terminer : merci également aux fidèles qui connaissent bien leurs bons pasteurs et continuent de prier pour eux et de les soutenir. ». Permettez moi de m’associer à ces remerciements.

Editorial du 24 février par le P. Jullien

Grâce à Dieu

Ecrire à partir de l’actualité ressemble à une gageure cette semaine. Voici ce que je retiens, parmi tant de choses : les péripéties autour de la sortie du film « Grâce à Dieu » dont nous aurons une séance avec débat au cinéma Saint Denis le mercredi 3 avril prochain, les révélations comportementales incroyables du Nonce apostolique en France, les inadmissibles injures antisémites et les réactions de mardi dernier, la poursuite du mouvement dit « des gilets jaunes » et le cortège de violence qui y est associé, la 2ème soirée du grand débat national à la maison des associations, l’ouverture du sommet sur « la protection des mineurs dans l’Eglise » à Rome, les amalgames stupéfiants d’une ministre entre « la Manif pour tous » et le terrorisme islamique… j’en oublie certainement. Tous ces évènements ne concernent pas l’Eglise tout à fait de la même manière, mais comme croyant, vivant dans ce monde, ils m’affectent tous.

Une double inquiétude se fait jour, la première sur la vie de l’Eglise très fortement secouée, et la seconde sur notre société profondément divisée. Un chrétien croisé mercredi, dans le métro, en rentrant de Paris me disait deux choses qui m’ont marqué : vous n’en parlez jamais en chaire de tout cela ? Quels sont les lieux où vous pouvez dire votre colère ? Deux remarques fort judicieuses que je suis promis d’intégrer, tout en en mesurant la difficulté d’ apporter une parole équilibrée.

La soirée vécue mardi dernier à la Maison des Associations sur le thème « Organisation de l’Etat et des services publics », fut pour moi l’occasion de mesurer combien ce débat passionne, du fait, du nombre de participants, de la qualité des interventions, mais aussi divise profondément. C’était un sujet bien difficile et en même temps, qui, dans le concret, nous concerne tous ! Ce qui m’a le plus frappé, c’est la difficulté d’établir un socle commun de réflexion, au point de s’interroger sur la possibilité d’une vision communément partagée du bien commun. Bien sur, il faut laisser toute sa place au débat et espérer vraiment les meilleurs fruits possibles, mais est-ce suffisant pour guérir une société si fractionnée ?

Dans ce contexte, la parole aussi de l’Eglise est devenue inaudible. Les révélations les plus sordides continuent, ce que l’on imaginait confidentiel s’avère endémique.

Bien des questions se posent sur la gouvernance. Ma conviction profonde c’est que malgré les ministres ou les responsables, c’est bien l’Esprit qui guide l’Eglise du Christ. Lorsqu’elle n’est plus du côté des petits et des victimes, elle s’égare. Nous mesurons ainsi que la véritable conversion missionnaire se situe au cœur de l’Eglise et de ses ministres, appelé à vivre en communauté cet appel résolu de discernement, de purification et de réforme. Encore faut-il s’entendre sur ce que réforme veut dire, ce que j’aurai tendance à tirer vers la conversion personnelle et communautaire… ou mieux la sainteté que j’accepte de recevoir comme engagement. L’évangile de ce Jour nous rappelle la voie où Dieu nous attend.

P. Laurent Jullien de Pommerol

© 2015 par Ensemble paroissial Croix Rousse - LYON. Créé avec Wix.com

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